Quelques bons moments en montagne
Vendredi soir, fatigue de la semaine, c'est décidé, demain c'est grasse mat' ! Dimanche une sortie en ski est prévue, la neige tombée ces jours ci attendra bien 24h.
Je me réveille donc tout doucement à 10h, tire les rideaux .... Il fait grand beau, ! Tant pis pour le repos prévu aujourd'hui, tant pis si j'ai des courbatures demain, j'ai envie de me ballader. 45 minutes plus tard, le déjeuner est avalé, les skis sont peautés, un peu d'eau dans le sac à dos, et c'est parti pour Chamrousse plein d'espoir. Ce sera de courte durée : la batterie est à plat, la voiture refuse de démarrer. Cela ne fait rien, je m'échaufferai en la poussant. Un voisin m'aide finalement, et je démarre pour Chamrousse. Il est 11 heures.
Je ne suis pas le seul dans la montée par les Séglières. La route est encore enneigée, mais avec le passage du matin, pas trop de soucis pour monter avec les 4 pneus été. Par contre, la voie de descente est bien blanche, il faudra faire attention. Je monte à 30 km/h, j'ai donc le temps de me demander quel itinéraire je vais prendre : si je suis seul, je remonterai par les pistes mais cela ne m'enchante guère, sinon, j'essaierai de prendre le pas à un groupe. Niveau sécurité, mieux vaut ne pas partir seul en ce moment. Je me gare au bas de Casserousse, 50 voitures sont déjà là ! Je ne serai donc pas seul !!! Un rapide coup d'oeil à la carte IGN, tiens il y a un sentier qui monte aux lacs Robert par le lac des Pourettes, à creuser ...
J'attaque donc (et je suis loin d être seul) la remontée de Casserousse. De nos jours, le téléski ne part plus du bas de la piste, il n'y a donc que des randonneurs. Et comme d'hab, je pars trop fort et le palpitant monte trop rapidement trop haut ... J'essaie de ralentir la machine. Je rejoins le départ du téléski et prend bien soin de cheminer en bord de piste : qui dit téléski dit skieurs de pistes ! L'appareil s'arrête, il a déraillé. Petite jubilation du randonneur : plus de bruit, et les skieurs arrêtés au bout de leur perche : eux qui devaient il y a quelques minutes nous prendre pour des uluberlus à remonter des pistes à ski, doivent maintenant envier nos peaux de phoques. Derrière moi, la Chartreuse enneigée et le Grand Colon sont splendides :

Puis rapidement, une belle trace part sur la gauche dans la forêt. De mémoire de ce que j'ai vu sur la carte, ça doit être l'itinéraire que j'envisageais. Un couple de randonneurs me devance légérement, je les double et il me confirment l'itinéraire : super, j'échappe aux pistes pour une ballade dans la foret ... Le bruit des remontées disparait, je m'intercale entre des randonneurs au calme. Les sapins sont couverts de neige, je me sens d'un coup très loin de la civilisation. J'apprécie comme jamais cette montée, sereine, buccolique.
J'enchaîne une petite descente (un peu technique avec les peaux, les talons libres et les cales relevées), la traversée du lac des Pourettes, des passages + techniques à la montée : de belles marches à passer en ski ! Environ une heure plus tard, je sors de la forêt plus pour arriver au pied du Grand Eulier. J'en profite pour essayer d'y repérer les pitons, car je sais qu'il y a quelques belles voies d'escalade dans cette face, notamment la voie Max, que j'envisage cet été :

Mais je ne voie aucune trace de métal. Je décide donc de me rapprocher de la base, et j'en profite pour faire une trace de montée dans 40 cm de fraîche. Certes, cela est plus fatiguant, mais quel bonheur ces conversions dans la neige poudreuse. Malheureusement, les rochers sont juste dessous et le manque de sous couche se fait cruellement sentir : les skis raclent beaucoup, et je m'apercevrai plus tard que j'en déchire mes peaux de phoque !
Enfin, je débouche au dessus des lacs Roberts au niveau de la Brêche Nord : tout simplement SU-PER-BE :

La vue sur les Vans et le Sorbier est également très belle, même si de nombreuses traces de skis parcourent ces deux sommets. Le télésiège et la piste des Roberts ne sont pas loin, mais après cette belle montée, je n'ai aucune envie de m'en approcher. Je décide donc de traverser au nord de la cabane, pour remonter le col des Lessines dans son versant N. Là encore, je fais en partie la trace. Je débouche au col bien entammé, sur de la glace vive, et en plein vent. Les Vans sont juste au dessus de moi, mais en prévision de la sortie de demain, et avec la fatigue qui se fait sentir, je décide de rentrer. Il me faut encore remonter plein sud vers le col de la Botte. Dur dur ... Je rattrape bientot les pistes de ski, où je double à nouveau le couple croisé ce matin à l'embranchement du lac des Pourettes.
Nous décidons de traverser la piste pour jeter un oeil sur le couloir de Casserousse; la piste est fermée, mais le couloir est enneigé ! Impeccable, cela permettra de descendre loin des skieurs. Je dépaute rapidement, le vent est glacial. Enfin, je plonge à l'abri dans le couloir. La neige y est poudreuse au début, puis devient moins bonne. Pas grave, j'ai déjà pris énormément de plaisir à la montée.
Je descendrai finalement d'une traite, souvent dans de la neige poudreuse, jusqu'à la voiture.... Cela chauffe les cuisses !
Au final, 950m de dénivelé en 3h non stop, tranquillement en prenant le temps d'admirer le paysage et de profiter de moments de solitude. Après le stress de la semaine, cela me fait un bien fou !