Quelques bons moments en montagne
Je vous entend déjà :
- "il a pété un cable"
- "ses phrases ne veulent plus rien dire" ...
- "qu'est ce qu'il barragouine ?"
Rassurez vous, tout va bien, je ne gère pas trop mal le fait de ne bosser que 4 jours par semaine !
Aujourd'hui au boulot, je suis noyé sous les mails. Je n'arrive pas à faire face. Retour de pause déjeuner, comme tout bon "jeune cadre dynamique" (JCD), le premier réflexe est de sauter sur Outlook, histoire de stresser un peu plus sur le boulot qui s'est accumulé depuis le matin. Qu'est ce qui est urgent ? Qu'est ce qui est important ? De quel expéditeur) ai je reçu une Nième relance ?
Sauf que certaines fois, nous sommes plus réactifs. J'en ai fait l'expérience aujourd'hui.
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De : Vincent
A : Oliv
Copie : une dizaine de collègues du BE
Objet : Chamechaude ce soir
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Forcément, ça attire l'attention, surtout quand il fait grand beau dehors et que c'est jour de pleine lune (ou full moon). L'oeil exercé du JCD percute immédiatement sur l'urgence ET l'importance de ce message.
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De : Oliv
A : Vincent
Copie : une dizaine de collègues du BE
Objet : Re : Chamechaude ce soir
Chamechaude, vous voulez pas changer un peu ? En plus, je vous accompagnerai bien, mais j'ai mon matos sur Lans. Vous voulez pas aller dans le Vercors plutôt ?
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Admirez au passage la pertinence du propos du JCD...
Je passe volontairement sur les étapes intermédiaires, pour aller au message final
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De : Vincent
A : Oliv
Copie : une dizaine de collègues du BE
Objet : Re: RE : FW : re : TR : fw : tr : RE : RE : Chamechaude ce soir - rectificatif - Attention horaire modifié - annule et remplace précédent
RDV 18h à l'Esplanade, départ 19h du Stade de Lans, on fait le Pic St Mich'
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Les lecteurs attentifs auront remarqué le nombre de réponses et transferts entre ces 2 mails, et soupçonné les nombreuses visites de Skitour, Caplain, MétéoFrance, voire Mappy. Les plus éclairés imaginent déjà la produtivité de l'après midi ...
Je soupçonne même certains d'entre vous d'avoir déjàà fait le lien avec le titre de ce billet "Holy Michael Peak".
D'où pleine lune au Pic St Michel, ouf, je retombe sur mes pattes. (OK, Desproges arurait dit que mon raisonnement est un peu capillo-tracté).
Sauf que là, ça se complique : il est 17h30, je suis au boulot, j'ai pas de voiture, et mes skis sont en réparation à Villard de Lans. Autant dire que les préparatifs vont être speed. Motiver Denis pour remonter tôt, récupérer la voiture, aller sur Villard, payer la réparation des skis, revenir à l'appart, rappeler Luc pour confirmer l'heure, tomber le costume, prendre les peaux, contacter Vincent pour savoir où ils en sont, hésiter sur les couteaux, oups j'ai failli oublier la frontale, faire le thé, s'apercevoir que je n'ai rien à manger, estimer qu'un paquet de Tuc (chut chut pas de marque), un bouteille de bière et une flasque de genep' peuvent suffir, attraper au vol le trepied pour les photos nocturnes, grignoter quelques olives, remplir le camelback, ... il est 18h45, je crois que j'ai fait un bon échauffement !
Nous sommes finalement 7 au stade de Lans, plus Luc qui a déjà fait une montée en nous attendant. Coucher de soleil au loin, pas trop froid, tout va bien. Nous sommes 3 skieurs, 5 surfeurs, c'est parti pour la combe Oursière. 20 minutes plus tard, les réelles difficultés commencent. La nuit est tombée, les étoiles sont sorties, nous allumons nos frontales pour suivre la trace.
Rapidement les écarts se creusent, la loupiotte de devant me distance. L'impression qu'elle survole la neige. Pas dur de deviner que c'est celle de Luc. Si Jérôme et Yann essaient de s'accrocher, je n'y pense même pas !
J'ai gardé en mémoire notre remontée de l'été dernier en VTT avec Luc. 2h20 pour faire Technisud - Lans par les chemins, 1000 m de D+, j'étais arrivé en haut complètement carbonisé, alors que mon compagnon était frais comme un gardon : normal, il met habituellement 1h45, aujourd'hui c'était promenade de santé pour lui (ou rythme "3ème age", au choix).
J'ai tout de même de bonnes sensations aujourd'hui, je monte à mon rythme de 600 m/h, profitant pleinement du calme nocturne. Personne en contact direct, seules 3 lumières au dessus de moi (dont 1 fait des allers / retours, devinez laquelle !), et 4 loin en dessous. C'est sûr qu'en raquettes, c'est moins facile !
Arrivé au petit collet au nord, le vent se fait sentir. J'ai atteint la crête orientale du Vercors qui domine l'Y grenoblois. Nuit noire, lueur de la lune que nous ne voyons pas encore, et lumières de la ville. Connaissant la caillante que ça peut être au sommet (hein Gaël !), je préfère m'habiller dès ici : pantalon et veste Gore Tex. J'en profite pour sortir le trépied et réaliser quelques photos.
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