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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 12:07

La Grande Casse est le point culminant de la Vanoise, et du département de la Savoie, à 3885 m d'altitude. Dès que l'on est sur une crête un peu élevée dans les Alpes, ce sommet bien reconnaissable attire l'oeil. La voie normale, dite des "Grands Couloirs" est parmi les classiques du ski alpinisme.

 

Ayant en tête cette face depuis plusieurs années, je propose à Guillaume (Yom) d'y aller ensemble. Nous voulons éviter le monde au refuge et dans la voie, donc décidons de monter au refuge Félix Faure, au col de la Vanoise après le boulot vendredi soir. Ainsi nous devrions être relativement seuls le samedi matin au sommet, et cela nous permettra d'être de retour le samedi après midi sur Grenoble.

 

Départ 16h de Berriat, une pause au supermarché d'Albertville pour le ravitaillement, Yom tenant à sa bouteille de whisky. Direction Pralognan, et nNous démarrons du parking à une heure assez avancée, 18 heures environ. Face Sud 1644m fin mai, portage obligatoire. Nous chargeons donc les skis et chaussures sur le sac. Avec tout le matos de glacier, c'est lourd ! Cela n'empeche pas Yom de partir d'un bon pas. J'essaie de le suivre, mais rapidement je suis dans le rouge, puis complètement à la traine. Et dire qu'avant de partir il s'est fumé une clope


Nous remontons la piste de ski, dré dans le pentu. Je retrouve Guillaume sur la terrasse du resto d'altitude, clope au bec, téléphone à la main, frais et dispo ... alors que je transpire et que je suis naze !

 

P1040560B (2)
 Bientôt en haut des pistes, à droite l'Aiguille de la Vanoise

 

Toujours à pied, nous continuons en direction du Lac des Vaches, en longeant par l'ouest l'aiguille de la Vanoise. 700 m de portage plus loin, nous traversons le lac sur des grandes lauzes. Je me souviens bien de ce lac, puisque nous avions fait la rando du col de la Vanoise en famille, probablement à l'été 1993. Je n'ai par contre aucun souvenir du sommet majeur au dessus, la Grande Casse, alors que maintenant c'est lui qui m'omnubile. Comme quoi les centres d'intérêts évoluent.

 

 P1040518B
 Traversée du lac des Vaches

 

Ce jour là, il y a maintenant près de 16 ans, il faisait grand beau. Le frangin, du haut de ses 3 ans, cavalait déjà en montagne !  Aujourd'hui, il est près de 20 heures, le temps est nuageux, l'horizon bouché, et un vent frais se fait sentir.

 

 P1040560B (3)
 Enfin un peu de ski, on reste en short mais on met la Gore Tex

 

2318 m, assez porté, nous chaussons les skis au premier névé rencontré, pour les 200 derniers mètres de dénivelé avant le refuge. Nous sommes maintenant en plein brouillard, et le jour commence à décroitre. Nous n'avons toujours pas pu observer la face convoitée, mais ce n'est pas ce qui m'inquiète le plus. En effet, le col de la Vanoise est très large, et je ne suis pas certain de trouver le refuge facilement en cas de brouillard. Nous continuons cependant à avancer, quand soudain, délivrance, une odeur de feu de bois nous parvient aux narines. Double bonne nouvelle : nous ne sommes plus loin du refuge, et en plus il est chauffé !

 

Comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, d'un coup une éclaircie nous permet d'apercevoir le haut des grands couloirs. Instant magique après cette montée dans le brouillard, la face orientée SO rougit au soleil couchant.

 

  P1040560B (1)
  Le haut des Grands Couloirs

 

En même temps, la crainte ou l'apréhension apparaissent : cette face est quand même impressionnante, et ça là que nous devrons skier demain !

 

A la nuite tombante, nous arrivons au refuge, chauffé depuis quelques heures par un couple de randonneurs. Que c'est bon cette chaleur et cette sécurité, après la montée à la nuit tombante !

Quelques mots échangés, et ayant mangé ils filent ce coucher. Nous sortons aussi silencieusement que possible les vivres de courses, allont chercher de la neige dehors pour la faire fondre et bouillir l'eau des pates et du thé.

 

Malgré plusieurs tentatives, la gazinière ne semble pas fonctionner. Il en faut plus pour nous démoraliser, tant pis, nous mettrons la casserole de neige directement sur le poele, ça va bien finir par chauffer.

 

Pendant ce temps, nous profitons dehors des dernières lueurs du jour pour observer la face, maintenant bien dégagée. Points positifs, il fait déjà frais, il n'y a pas de nuages, pas de vent, nous aurons donc un bon regel nocturne. En plus, si la rimaye est visible, elle semble bien bouchée au milieu !

 

Par contre, le bas de la face est très très sec, ce qui nous étonne. Le doute s'installe, car nous devrons demain matin faire une traversée sur une pente de neige exposée, au dessus de barres rocheuses. Même si nous avons tout le matériel de sécurité, il nous faudra être particulièrement vigileant sur cette partie, à la montée comme à la descente.

 

P1040560B (5)
  La face semble très sèche !

 

Rapidement nous rentrons, en raison du froid, de la faim, et peut etre aussi pour ma part pour ne pas s'attarder sur cette face un poil engagée pour moi.

 

Grace à la chaleur du poele, l'eau doit être bien chaude maintenant, à nous un bon thé et des pates. La suite en image, cela se passe de commentaires :

 

 
  Gastronomie au refuge d'hiver

 

Quelle franche rigolade que ce repas du soir. Nous sommes pris de fou rire, et en même temps, essayons de ne pas faire de bruit pour ne pas reveiller nos voisins. Le repas terminé, nous filons nous coucher pour une courte nuit, avec un lever vers 4-5h du mat'.

 

Au saut du lit, nous jetons un coup d'oeil dehors : ciel étoilé, bon regel, léger vent. Plus aucun doute à avoir, nous allons pouvoir tenter l'ascension. Nous préparons le petit déjeuner (froid !) quand nos colocataires se réveillent aussi ... et allument le réchaud au gaz tout simplement ! Grand moment de solitude pour Yom et moi, nous avons bien fait nos blonds hier soir :o) Heureusement on s'est bien marrés !

 

Le temps de petit déjeuner, les conditions météo changent rapidement  : le ciel se voile fortement, et le vent forcit  ... Nous décidons de patienter un peu pour voir comment cela évolue. Le sommet de la Grande Casse est rapidement pris dans les nuages, cela nous parait hasardeux d'y aller.

 

Nous étudions donc un itinéraire de repli, et optons pour le col de la Grande Casse à 3096 m d'altitude. Après un léger faux plat descendant, nous remontons la moraine sur une bande de neige large d'une quinzaine de mètres, avec par conséquent de nombreuses conversions.

 

Puis, nous remontons le glacier éponyme, assez encaissé, mais peu pentu. Je me retourne régulièrement pour observer l'aiguille de la Vanoise. Yom est loin devant, la montée est paisible, belle ambiance.

 

P1040560B (4)
  Glacier et col de la Grande Casse

 

Les 50 derniers mètres sous le col sont un peu plus raide (30°) et goulottés, mais passent bien. C'est vraiment la seule difficulté de cette course.

 

Arrivée au col en plein vent, il fait assez froid. Nous avons bien fait de ne pas tenter le sommet, cela aurait été trop galère. Malgré les nuages, nous avons un aperçu de la face N de la Grande Casse et du couloir des Italiens, nettement plus raides que les Grands Couloirs !

 

 P1040560B
  Du col de la Grande Casse, à droite la face N

  

Dépeautage, repliage de peaux, j'ai les doigts congelés. Autant dire qu'on ne va pas trainer au col !

Nous descendons le glacier, puis à nouveau la moraine, et en slalomant entre les cailloux, nous arrivons à ski au lac des vaches.

 

Skis et chaussures sur le sac, baskets aux pieds, il ne nous reste plus que 700 m  de dénivelé négatif, et nous arrivons bientôt au parking des Fontanettes dans une atmosphère presque estivale.

 

Avec le recul, je garde un super souvenir de cette sortie, et ne regrette pas de ne pas avoir tenté le sommet. Nous sommes clairement venus trop tard en saison, ce qui nous a occasionnné un loooooooonnnng portage, et surtout rendait le bas de la face un peu scabreux. A refaire donc courant avril une prochaine année, sur un week end complet avec par exemple la pointe de la Réchasse le samedi et la Grande Casse le dimanche.

 

Le topo : http://www.skitour.fr/topos/grande-casse,19.html

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 13:02

6h20, il fait déjà jour même si le soleil n’est pas encore sorti. Nous décollons du refuge en direction du rocher de la grande tempête. 900 m de dénivelé dans une combe à l’ombre le matin.

 

Les raquetteurs prendront eux un autre chemin : seuil des rochilles, lac des cerces, col de la ponsonnière et redescente sur le pont de l’alpe où nous irons les chercher en voiture.

 

La température est idéale pour l’ascension. Puis le soleil se lève et éclaire de rose les sommets environnants : Main de Crepin, Pointe des Cerces.

 

Lever de soleil

 

 

Chacun monte à son rythme, de part et d’autres du vallon creusé par le ruisseau. Belle ambiance, et premier plan magnifique assuré par Yves, Sophie et Thierry.

 

Main de Crepin et Pointe des Cerces

 

Le premier rayon de soleil nous parvient, moment toujours aussi magique en montagne.

 

Premiers rayons matinaux

 

Nous arrivons en vue d’un col, précédé d’une belle combe de montée. Pas de traces, je décide d’y aller. Je vais passer un des meilleurs moments de ces 3 jours.

 

Concentré !

 

Seul, à faire ma trace de montée dans 30 cm de neige fraîche. Totallement zen, je fais juste attention aux derniers mètres sous le col où la neige semble moins stable. Je débouche au col avec vue ***** sur le parcours des 2 jours précédent et les Ecrins. J’ai l’impression d’être seul, totalement isolé du reste :

 

Trace de montée

 

Sauf que les autres ne semblent pas suivre ma trace, mais s’engager dans le vallon suivant.Je décide donc de parcourir l’arête pour les rejoindre. Par souci de sécurité je mets les skis sur le dos et chausse les crampons.

 

Solitude ...

 

Pendant que Laurent et Bruno font le crochet par le sommet, le reste du groupe arrive sur un replat juste avant la crête, avec en arrière plan le Thabor, point culminant du massif.

 

Le groupe sous fond de Thabor

 

D’où je suis, il me faudrait redescendre sur le replat, pour remonter sur le sommet. Je fais une croix sur le sommet, sans regret, j’ai eu ma dose d’émotions dans la montée précédente.

 

 

9h20, nous sommes tous en haut de la rando, moyennant un petit passage délicat en arêtes, où je file un ptit coup de main à Sophie, peu habituée à ce genre de terrains.

 

Faudrait pas être plus nombreux !

 

Les efforts sont terminés pour ces 3 jours, je peux donc me libérer des dernières provisions de bouffe restantes, et notamment du cake aux olives que j’ai préparé jeudi soir. Un bon 2 kg de cake, qui passe bien et qui soulage le sac à dos. Pendant que nous y sommes, nous tombons aussi la fiole de genep’. Le sac va être léger à la descente J

 

Derniers regards sur les Ecrins

 

L’heure est matinale, j’ai peur que la descente, un peu raide (35°) n’ai pas assez décaillée. En fait, elle sera top, car elle est orientée plein est. Encore un moment top que ces petits virages que nous enchainons tous, sous fond d’écrins.

 

La suite est composée de petits vallons peu pentus, dans lesquelles la neige est restée bien dûre et constante. Nous pouvons donc lacher les chevaux, avec même quelques passages en carving. Quel bonheur de se payer ce type de ski en rando et en mai !

 

Nous avons tous la banane, et profitons de cette longue descente. Suite à une faute de carre, je me remets une petite gamelle, mais cette fois ci j’ai attaché mes skis. Heureusement sans quoi je risquais de ne pas les retrouver !

 

Nous arrivons ensuite au refuge de Ricou, dans lequel nous avions passé la plus belle soirée de notre tour des Cerces à l’été 2006. Bonne bouffe, le plus beau coucher de soleil du massif, et chambre de 2 ou 4 personnes. A faire absolument.

 

Il reste environ 400 m de dénivelé jusqu’à la route, sur une piste 4x4 qui passe moyennant quelques déchaussages. Fidèle à moi-même, je fais un peu de ski sanglier, sur les myrtilles pour gagner les ultimes mètres de ski.

 

Même en mode sanglier, ça ne passe plus !

 

 

 

Puis, il est vraiment temps de déchausser pour rejoindre le fond de vallée, où le printemps est déjà là.

 

Bientôt l'été

 

Après une demi heure de portage sur la route, nous retrouvons notre point de départ à 12h, et toute la civilisation qui va avec : voitures, gaz d’échappements, … que nous étions bien là haut. Nous prenons le temps d’un dernier pique nique dans un alpage et finissons les restes de tout le monde, décidement nous avons tous vu large dans nos provisions.

 

Enfin nous quittons les chaussures !

 

Puis le retour s’annonce, avec une halte au pont de l’alpe pour récupérer les raquetteurs, et une dernière bière au col du Lautaret pour cloturer cet excellent week end.

 

Persévérants dans le souci d'hydratation et de récupération

 

Que dire de ce week end ?

 

Tout simplement trop bien : une météo au top, des conditions de neige exceptionnelles, et surtout une organisation aux petits oignons. Je redoutais un peu l’importance du groupe, qui s’est finalement à peine sentie. Chapeau aux raquetteurs, qui ont avalé une sacrée distance, et un grand merci à l’organisation.

 

Grâce à mes petits extras, j’ai pu alterner entre la convivialité du groupe (super ambiance) et des moments de sérénité fabuleux !


Ah si, un petit retour d’expérience : un sac de 18 kg pour 3 jours c’est vraiment trop :

-          j’ai beaucoup trop pris à manger, sachant que nous étions en demi pension et qu’au pire nous étions au refuge à midi, avec la possibilité de manger !

-          les bières n’étaient pas non plus indispensables …

-          les fringues de rechanges sont superflues, un T shirt sec aurait suffit !

Il va donc falloir repartir prochainement pour tester le raid « light » !

 

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 22:39

Lever 6 heures. C’est tôt me direz vous ? Peut être, mais j’ai quand même dormi 9 heures. Certes, il a fait très chaud dans la chambre, mais pas de quoi regretter quand même une nuit en igloo !

Le soleil commence à pointer son nez.

Premières lueurs

 

La journée s'annonce belle !

 

Un groupe de 21, forcément, c’est plus long à se préparer qu’un groupe de 3. Nous sommes cependant assez efficaces et démarrons un peu avant 7 heures.

 

Le groupe (enfin, une partie !)

 

Sérénité ...

 

Le départ se fait en douceur, sur le long plat emprunté la veille et nous bifurquons rapidement dans le vallon de droite. Parfait pour se mettre en jambes sans trop forcer. Puis nous attaquons une première pente un peu gelée, mais qui à mon goût ne nécessite pas les couteaux.

 

Première montée

 

J’ai pris un peu d’avance sur le groupe, je monte à mon rythme, profitant de la solitude et du calme environnant. Nous longeons par l’ouest les crêtes du Queyrellin, en direction de la Casse blanche. Il fait juste bon à l’ombre, ce qui permet de progresser sans trop transpirer (un minimum quand même, comme à chaque fois que j’ai un sac sur le dos). Puis la pente se redresse fortement, et le cheminement est évident jusqu’à un petit col. Une coulée importante est partie dans les jours précédents, et je n’ai pas envie de monter dans ces boules gelées.

 

Je décide donc de mettre les skis sur le dos, et de monter en crampons « dré dans l’pentu ». Les skieurs montent dans l’ensemble à skis.

 

Chacun sa méthode

 

Les raquetteurs, eux, n’ont pas le choix et sont bien obligés de tirer droit. La neige est dure, mais pas glacée, ce qui ne rend pas la pente trop technique. Le soleil fait son apparition dans le haut de la pente. La neige est tout de suite moins dure, mais il fait chaud.

 

Léger penchage ...


 

Les premiers arrivent au col

 

Nous débouchons à 9 heures au petit col en haut de la Casse Blanche.

 

Vue du col, nous allons ensuite en face

 

Alors que le regroupe se reforme petit à petit, je remarque une arête neigeuse qui part du col et monte à un petit sommet. Ni une ni deux, plutôt que de manger un morceau, j’enchaîne sur cette arête. Après une petite redescente, elle se prolonge jusqu’au prochain col où nous devons aller. A moins que je ne tente une belle descente poudreuse en face Est

 

Crampons aux pieds, je progresse sur cette arête pas dangereuse sous réserve d’être attentif.

 

Ambiance :)

 

Le groupe s’est reformé au col, pour immédiatement se rescinder : les skieurs continuent à monter au nord pour basculer sur la combe du lac rouge, les raquetteurs descendent la combe SE de Casse Blanche.

 

Le temps d’un petit film au sommet, et j’opte pour la descente plutôt que l’arête. Début sur l’arête, puis il faut plonger dans la pente. C’est bien raide, mais la neige est poudreuse. 3 petits virages, une pause pour regarder la suite du programme. Ce n’est pas le moment de s’en mettre une. Je suis dans la partie la plus raide, avec quelques roches, soyons prudents. Je passe sans encombre la zone, et peux enchainer ensuite une quinzaine de virages dans la poudre. Petite montée d’adrenaline, c’est bon !

 

Et hop, une ptite descente en bonus

 

C’était tellement bon que j’ai fait quelques virages en plus, sachant qu’il faudrait remonter tout ce que je suis en train de descendre. Repeautage rapide, les derniers du groupe des skieurs sont au dessus de moi. J’essaie de les rattrapper sans me mettre dans le rouge, mais le soleil cogne déjà très fort à 9h30 en cette face SE. J’arrive au col le dernier, mais sans trop de retard. Je quitte les skis, et fait rapidement un aller retour sur l’arête jusqu'au sommet coté 2914m.

 

Le groupe au second col

 

Le temps de revenir, les premiers partent déjà. Tant pis, là non plus je ne mangerai pas, il faut que je me dépèche de les rejoindre. Dépeautage, serrages de pompes, fixations en position descente, gants, c’est parti pour la  descente en face N. La poudreuse tassée semble sympa à skier, j’enchaine un, deux, trois virages, quand soudain … je ne sais pas pourquoi, mais je plante la spatule, et plonge la tête la première dans la neige fraîche ! Humm, c’est froid. J’entends des cris, et m’aperçois que mon ski est en train de dévaller la pente. Et m..de, dans la précipitation au col, je n’ai pas repassé mes lanières. Heureusement, il s’immobilise quelques dizaines de mètres plus bas. Il me faut descendre sur un ski, pour rechausser dans la poudreuse. Pas facile.

 

S’en suit un replat facile, et alors que mes compagnons décident d’aller chercher le soleil et la neige transfo, je cherche la poudreuse en face N. Après un départ un peu sec entre les roches (sans touchettes), je peux enchainer 30 virages en godille. De la poudreuse un 2 mai, je n’y crois pas !

 

Godille always !

 

En plus, je suis resté plus haut que les autres, qui sont obligés de faire un schuss et un peu de pas de patineur ou du canard.

 

Skis fartés, ça glisse mieux ;)


La suite de la descente en excellente en moquette à poils long, ça tourne tout seul. En bas de la pente, nous retrouvons par hasard les raquetteurs qui n’ont pas trainés ! Nous descendons ensuite jusqu’à la Clarée par des petits vallons. Un moment, nous sommes dans un ravin qui fait mi border cross, mi half pipe. J’attaque la descente, et que je me retourne, m’aperçois qu’ils sont à 4 de front derrière moi. Grand moment de déconne, j’ai cru voir un remake d’apocalypse snow !

 

Arrivés à la Clarée, alors que le groupe choisit de remonter en rive droite, Thierry et moi décidons de trouver un passage à gué.

 

Ca paaaaaaaasssse !

 

Passage un peu hasardeux, sur ces rochers glissants, mais tout ce passe sans problème. Nous repeautons pour la dernière fois pour 2 kilomètres environ de ski de fond jusqu’aux Drayères. Le reste du groupe s’est arrêté pour casser la croûte au soleil contre un gros bloc rocheux, nous nous arrêtons également.

 

Un intrus parmi le CMEV ... cherchez bien

 

Bonne pause d’une heure et une demi heure plus tard nous sommes aux Drayères (13h30), où nous commençons la récupération active. Une bière de moins dans le sac pour moi, encore 500 grammes de moins !

 

Faut ce qu'il faut ...

Après midi bien agréable au soleil, et on se paye même le luxe d’une douche chaude et de mettre les fringues propres !

 

Le refuge est moins bien que celui de la veille (terrasse boueuse, salle à manger bruyante, dortoirs plus grands… ) mais reste très correct. Il est surtout idéalement placé pour rayonner autour.

 

Après le repas, nous négocions directement un départ matinal avec le gardien, avec petit dej à 5h30. Encore une belle journée de skis, au dodo !

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 19:32

 

Il y a quelques jours, j'avais contacté Laurent, pour lui proposer d'aller skier sur ces 3 jours, en mini raid. Cela fait un moment que j'ai envie de m'échapper sur plusieurs jours à skis, de refuge en refuge. Laurent ayant déjà prévu une sortie avec le Club Montagne Escalade de Veurey, et une place s'étant libéré, c'est avec plaisir que je m'incruste !

Jeudi 30 avril, 18 heures, j
’ai fait les courses pour le week end de rando ski à venir et je remonte préparer mon sac. Grand beau annoncé, ça va être tttttttttttoooooooop !

Le téléphone sonne, c'est Laurent.

"Olivier, on vient d'avoir le refuge du Chardonnet y'a pas de place pour toi
- Ah, la bonne blague, je te crois pas.
- Non non je suis sérieux, on vient d'appeler pour confirmer, et le refuge est plein, nous avions réservé pour 20 et tu es le 21 ème.
- Pas crédible, tu m'appelles pour quoi au juste ?
- C'est malheureusement vrai, on a tout essayé....
- ...
- ...
- OK Laurent, je les appelle, je fais le forcing, et te rappelle après. Je passe te prendre à 5H45 chez toi !

- Bonjour, je fais partie du groupe de 20, vous n'avez pas une place en plus
- Non, c'est complet
- Complet, complet ? Je veux bien dormir sur un banc, une table, par terre ...
- Non, c'est complet, pour des raisons de sécurité je ne peux pas vous accepter.

Je suis dépité. L'expression "reboucher le champagne" prend tout son sens. Puis j'ai une idée : du refuge Chardonnet, il suffit de redescendre de 400 m dans la vallée de la Clarée, puis de remonter de 300m en face au refuge de Ricou, dans un cadre idyllique. Je pourrais peut être y dormir le soir, et me levant une heure plus tôt, les rejoindre le lendemain matin. Ni une ni deux, j'appelle et tombe sur le répondeur. Je laisse le message, mais personne ne me rappelle. Les boules...

J'hésite à monter coûte que coûte, me disant que sur place ils ne pourront me refuser. Mais je ne cautionne pas trop cette attitude. Me voyant dégouté, Fred a une idée : pourquoi tu ne bivouaquerais pas à coté du refuge ?

C'est vrai qu'ils ont prévu beau temps. En plus, ma place est réservée aux Drayères pour samedi soir (j'ai appelé pour vérifier). Tant pis s'il faut se charger du duvet et du matelas sur 3 jours, ça peut valoir le coup. En plus, Laurent me prêterait son sur sac de couchage.

Va pour le bivouac, tant pis pour la charge ! Je rappelle donc le Chardonnet, pour leur demander de me garder au moins un repas chaud. Je ne vais quand même pas porter le réchaud et la popote ! Et là, miracle :

"- Une place vient de se libérer"
- C'est bon je prends :)

Immédiatement le sourire revient :o) yyyyyyyyyyyyyeeeeeeeeeeeeeeeeppppppppeeeeeee !

Je confirme donc à Laurent, qui m'apprend qu'entre temps Jean Marie (organisateur du raid) a également rappelé les refuges de son coté, une place s'était libérée, mais avait immédiatement été re-réservée. Rassures toi Laurent, c'est moi !

Du coup je suis à la bourre dans la préparation du sac.On a beau être en demi pension, je préfère avoir un peu plus à manger. Pour 3 jours, j'ai donc rillettes, saucisson, pain, bleu du vercors, tomme du vercors, tuc, palets bretons, barres, pates de fruits, crême de marron ... et bien sûr génépy ! Même si ça devrait suffir, je prépare un gros cake salé pour le dimanche, la bête doit bien peser ses 2 livres. Oh, et quelques bières, ça peut être sympa pour le midi.

Reste à caller piolet et crampons, ARVA, pelle, sonde, paire de peaux de rechange (quoique ...), le casque d'alpi.

Qu'est ce que j'oublie ? Serviette, brosse à dent, aspirine, lunette, casquette, bonnet, buff, gants, gants de rechange, pantalon léger pour le refuge, polaire en plus au cas où, t shirt propre, sous vêtements, carte, appareil photo, couverture de survie, sac à viande, boules quies, frontale. Ah oui, les 2 litres d'eau...

Et mince, cela ne rentre pas dans le sac de 32 litres. Qu'enlever :  Je crois que j'ai acheté pas mal de bouffe, je vais peut être laisser un paquet de Tuc de coté... et la seconde paire de peaux et de gants. J'aurai sur moi ma gore tex et une veste polaire

Résultat : un sac bien rempli et plus de 16 kg sur la balance (sans les skis), ça devrait le faire. Ainsi équipé, j'approche le quintal :). Il est tard (il a fallu préparer le cake), je file me coucher, confiant sur le week end à venir, même si j'ai quand même un petit doute quant à la taille du groupe : 21 personnes, dont 7 raquetteurs, c'est peut être beaucoup.

Nous décollons de Gre vers 6 heures, direction Névache. Initialement nous devions partir du Pont de l'Alpe pour rejoindre le refuge du Chardonnet par le col du même nom. Mais compte tenu de la pente et du groupe, les organisateurs décident de partir de la vallée de la Clarée ... soit 45 minutes de voiture en plus.

 

Derniers préparatifs



Le temps de tous se retrouver, de se préparer, nous décollons vers 9 heures du Pont de la Souchère à 1813m.

Pont de la Souchère, c'est parti



photo JM1 ou 2
Une collective du CAF ?  Non, juste une sortie CMEV !

Rapidement différents groupes se forment, chacun montant à son rythme les 400 mètres jusqu'au refuge du Chardonnet.


Derrière nous les Cerces et Ricou


Raquettes ou skis, même rythme !

Le refuge, entièrement revêtu de bois, est à la sortie de la forêt de mélèzes

Charmant ce refuge

Arrivé parmi les premiers, je planque une bière dans la neige, allège le sac au maximum et mange un bout vite fait, mon dernier repas remontée à la veille au soir. Nous repartons sans trop tarder en direction du col du Raisin, car il fait déjà très chaud.

Le faux plat au dessus du refuge coupe les pattes, puis c'est la fournaise dans la montée au col. Nous n'avons que 500 mètres à faire, mais ils seront très difficiles pour moi. J'ai complètement ouvert mon pantalon de bas en haut, j'aurais mieux fait de monter en short ! Sauf que ça tape fort, et que je vais rapidement prendre un joli coup de soleil au mollet !

Les peaux bottent, cela devient pénible, mais nous arrivons tout de même au col. Laurent et Bruno continuent au sommet (le Pic Ombière, renommé Picon Bière par les gardiens), je n'ai pour ma part plus la motivation. D'autant plus que la vue du col sur les Ecrins est déjà fabuleuse : Ailefroide, Agneaux, Barre, Dome, Pavé, Gaspard, Meije, ...

C'est beau les Ecrins !

Les raquetteurs nous rejoignent et nous cassons la croûte ensemble, avec un petit vent frais venant nous rappeler que nous sommes à 2700 mètres.

Nous attaquons la descente dans une neige restée poudreuse malgré le soleil !

Les raquetteurs, que nous reverrons au refuge

Il y a très peu de traces, nous pouvons donc faire les nôtres dans une bonne neige.

Pour un 1er mai, c'est franchement bon !

Finalement c'est à la descente que le poids du groupe se fait le plus sentir, où nous faisons des arrêts plus longs pour laisser le temps au groupe de se reformer.

Au refuge, la bière est fraîche, du coup je gagne déjà 500 g sur le poids du sac. Après midi détente, nous faisons sécher les peaux, les chaussures, jouons aux cartes, regardons la suite du programme ... 

Terrasse en bois plein sud !

Si la terrasse est dégagée, il y a quand encore 2 mètres de neige autour. A tel point que les gardiens ont creusé un igloo, qui aurait été parfait pour ma nuit de bivouac. Je suis quand même bien content de savoir que je vais dormir à l'intérieur.

 

 


Excellent repas du soir (tajine hummm), par contre je lutte pour ne pas piquer du nez dans mon assiette. 20h30, je ne tiens plus, je file me coucher. Il fait encore jour dehors.

Je passerai une bonne nuit, même s'il a fait trop chaud dans les chambres. Mais pas de quoi regretter un bivouac dans la neige !
 

 

 
Parcours du jour, 900 m D+

 

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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 00:35
En attendant le récit complet, un petit montage photo/video.

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Published by Dahu(t) - dans Ski de rando
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11 avril 2009 6 11 /04 /avril /2009 21:43
Aujourd'hui, les anciens de la Junior et du BDE débarquent à l'appart. Le week end s'annonce donc festif. J'ai bien envie d'aller prendre un grand bol d'air et de faire quelques courbes à skis au préalable.

La saison dernière, je n'ai fait aucune sortie avec le Yann, il est temps de rattraper le retard. Nous partons à 7 heures de Grenoble, pour une matinée de ski en Matheysine. Je n'y ai pas encore trainé les spatules cette année, c'est le moment où jamais.

Je dois être de retour à Lans à 13 heures, donc nous allons pas trop loin de Grenoble. Départ un peu avant 8 heures de Saint Honoré 1500m, station de ski fantôme un peu glauque.

Nous démarrons par 15 minutes de portage, passons le réservoir, pour finalement chausser les skis au début de la grande traversée. Le rythme est rapide, nous avons un timing à tenir. Un peu avant d'arriver à la crête, un vent froid m'oblige à remettre la veste. Aïe, c'est mauvais signe pour la suite, surtout que le soleil est voilé. Le circuit que nous envisageons de faire comprend une descente en face S, avec un couloir de 300 m à 40°, avec des passages à 45°. Ceci peut être considéré comme du ski alpinisme, et j'aimerai bien avoir une neige transformée.

 

Nous arrivons au soleil. En toile de fond, le Senepy et le Vercors


Arrivés sur la crête le vent s'est calmé et le soleil a l'air de chauffer, coool ! Je suis en meilleure forme que le week end dernier, et même si la neige béton nous fait prendre quelques précautions, nous avalons les 900 m de montée en 1h45 environ. Petit casse croûte bière au sommet, nous discutons avec les autres skieurs, dont un groupe de 2 (Guillaume et ?), qui décident de nous emboiter le pas dans le couloir. 

 

Panorama du sommet


Nous chaussons les skis pour quelques mètres de descentes en face N, puis une traversée sur la crête O jusqu'à un collet marquant le début du couloir. 

 

Le sommet, depuis le haut du couloir


Un homme et son chien (!) sont déjà engagés dans le couloir. Le début est bien raide, et nous contournons une petite barre. Heureusement la neige accroche bien, et nous faisons les premiers virages prudemment. Par la suite le couloir s'élargit, la neige se moquettise, nous pouvons plus nous lâcher.

 

Yann en action dans le couloir


Belle ambiance montagne dans le couloir, je prends beaucoup de plaisir à enchaîner les virages :

 

La banane :)


Nous arrivons à un replat et remettons les peaux pour une remontée de 300 m de D+. La trace est bonne, c'est à peine si nous la sentons passer !

 

Ptite remontée en plein soleil, ça passe tout seul


Arrivés au banc, nous cherchons le départ de la voie de descente repérée le matin depuis la route. Cette face O est peu enneigée, mais un goulet nous semblait skiable jusqu'à la route.

La neige est un peu plus dure, mais accroche bien. Les contrepentes, parfois assez raides, dominent les lacs de Laffrey. Avec un peu d'imagination, on se croirait presque en train de descendre dans un fjord norvégien.

 

Descente directe sur les lacs, magique !


Nous arrivons bientôt à une bergerie, moyennant quelques passages de skis sur herbes ou cailloux. Ici la neige est carrément en soupe, voire pourrie sur toute l'épaisseur. Nous finissons sur une étroite bande de neige, juste au dessus d'un ruisseau... Attention à ne pas louper son virage !

 

La voie de descente, on voit bien le petit goulet final


Une courte remontée à pied, nous voilà à la voiture, avec toujours le maître des lieux, l'Obiou qui nous domine :

 

Obiou en toile de fond


Une belle sortie qui donne la pêche et le sourire. 1200 m en 3h45, avec 2 montées et 2 descentes, nous avons pas trainé. Et du coup je serai à l'heure à Lans :)

Le topo et la sortie du jour : http://www.skitour.fr/sorties/le-tabor,20447.html#sortie
Le compte rendu de Guillaume : http://skieur0206.kazeo.com/11-04-09-Le-Tabor-Circuit-de-la-Mer-38-,a757269.html

Bonus : petit montage vidéo sans prétentions


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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 19:54
Vendredi soir, tartif' chez Will. Super idée, ça fera des calories pour la rando du lendemain. En plus, je squatte le clic clac, du coup 1/2 heure de sommeil en plus. Attention à ne pas abuser de la bière (quelle idée aussi d'avoir une tireuse !) et du vin blanc (je m'abstient, j'aurai raison).

Même avec 1/2 heure de rab, se lever à 5h ça fait trèèèèèèèèèèèèès tôt. On charge la voiture et direction Prabert, sans trop d'illusions sur l'ouverture de la route.

6h20, nous sommes prêts... et garés à la barrière de Prabert. Bitume apparant, il va falloir porter. Skis sur l'épaule ou sur le sac ? Nous choississons la seconde option. Bon choix, nous devons porter sur plusieurs kilomètres, ça nous manquait presque. Au bout d'un moment, nous chaussons les skis jusqu'au pont de la Betta.

Will est en ptite forme, l'effet vin blanc probablement, vu qu'à part ça, on a tout fait pareil depuis 12 heures :).
Moi ça va pas mal, je me sens en bonne forme.

- On fait 1/2 tour ?
- Non, quand même, on monte jusqu'au lac, maintenant qu'on est levés.
- On échange de skis alors ?

Quelle bonne idée d'avoir les mêmes chaussures. Nous échangeons donc de skis, et quasi immédiatement nous nous haïssons respectivement :

- P****n, tu fais ch***, c'est tout léger, je pourrais jamais remonter sur mes skis (Will, parlant de mes low tech)
- P****n, tu fais ch***, c'est quoi ces enclumes (Moi, parlant de ces B2 + diamir freeride SVP)

Pas grave, nous continuons direction le lac de crop, avec quelques déchaussages pour passer le ruisseau ou ski sur herbe. La pente se redresse un peu. Nous arrivons sous le verrou du lac, où des belles coulées sont parties les jours précédents. Résultat, nous montons sur des boules dures, trop bien... Ma motivation flanche à son tour. L'altimètre indique encore 200 à 300 mètres, pffff cela va être long. Heureusement que Will est là, je pense que seul j'aurai fait demi tour.

Nous arrivons au passage clé de la montée. Un petit ressaut pas très haut, mais un peu exposé au dessus des barres. Je préfère caller les skis dans le dos et passer à pied. Will attaque lui directement en skis + piolet, pour se mettre dans une belle galère. Une petite frayeur plus tard, nous voila passés, et le piolet a été bien utile.

La vue commence à se dégager vers le nord et le vallon du Venetier :

 

 Jas des Lièvres, Dent du Pra, Aigleton, Pic de la Belle Etoile


Après ce passage scabreux, nous faisons une pause casse croûte, puis repartons pour les derniers mètres avant le lac. Enfin nous commençons à voir le soleil. L'arrivée au lac est très belle, les combes et sommets alentours font envie.

 

 Lac de Crop & Col de la Mine de Fer


Nous projettions au pire le col de la mine de fer (en plein centre de la photo) ou le col de la Pierre, voire Brêche Fendue ou la pointe centrale sud du Ferrouillet. Mais compte tenu de la forme du jour, nous n'irons pas plus loin.

Que fait on quand on est naze ? Eh bien on fait la sieste ...

 
On est pas bien ? 

Une bonne demi heure de sieste au soleil plus tard, nous nous réveillons en meilleure forme. Un ptit casse dalle, et nous redescendons. Neige correcte sur les premiers virages, nous sommes prudents au niveau de la traversée au dessus des barres, finalement ça passe beaucoup mieux qu'à la montée.

La pente sous le verrou (celle avec les boules) est difficilement skiable : tantôt croutée, tantôt pourrie. La présence des vernes n'arrange rien.

 Ski dans les vernes...

... plutôt physique


La suite est mieux damée, en léger border cross. Petit passage sympa du ruisseau :

 
Passerelle, attention, bien se tenir à la rambarde 

Nous déchaussons un peu avant le pont de la Betta, pour rechausser quelques mètres sur la route, redéchausser quelques mètres pour passer le bitume, rechausser quelques mètres sur une plaque de neige, redéchausser, rechausser, .... Au moins maintenant je sais mettre mes low tech rapidement !

Au bout d'un moment, marre de ces manips, skis sur le dos et à pied jusqu'à la voiture. Ou plutôt jusqu'aux voitures, vu leur nombre (et pourtant la route n'était pas ouverte jusqu'à la Betta!)

Pas une grande sortie du point de vue neige et forme. Même pas 1000 m de D+, mais il nous aura tout de même fallu ... 4 heures ... j'ai honte :)

Et le nouveau concept ?
C'est de monter en skis lourds (B2 Diamir) et de redescendre en skis light (altiride Low Tech) ... Y a mieux comme concept ;)

OK j'avoue, j'ai pas fait toute la montée en B2, j'ai vite repris mes skis ... En tout cas quelle patate pour les trainer sur plus de 1000 m !
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 20:44

24 heures que je n'ai pas skié, je suis en manque. 18 heures ce soir, suis à l'appart. Le temps de se changer, et c'est parti pour une remontée des pistes de Lans avant la nuit.

Juste un petit sac à dos avec la Gore Tex, cela change des gros sacs des derniers jours. Je pousse bien sur les batons, allonge les foulées, me sent léger. 400 mètres avalés en guère plus de 30 minutes, dré dans le pentu, cool ! Une ptite pointe à 1000 m/h, mais à cette vitesse le coeur tape fort et je ne tient pas longtemps.

 Ski bucheron, comme d'hab !


Nous arrivons à la crête juste au coucher du soleil, dépeautage et descente par la piste de l'Ours, où seuls quelques skieurs sont passés aujourd'hui. Neige un peu dure mais avec un super grip, il fait juste un peu froid aux jambes en collant.

Retour à l'appart, tout de suite plus zen et beaucoup moins stressé de cette première journée de boulot. 3200 m de dénivelé en 4 jours, la forme revient !

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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 18:52

Après notre belle mais harrassante journée à la Grande Lance, hors de question de ressortir samedi. Certes, nous apprécions le ski de rando pour les efforts à la montée, la vue du sommet, le casse dalle et le genep (quand la météo le permet), mais avant tout, pour la belle descente qui s'en suit. Après le bon entrainement vendredi en neige inskiable, nous sommes au point, pas besoin de plus pratiquer. Des conditions météo similaires sont annoncées pour samedi : belle journée, mais bise forte ne permettant pas un bon dégel.

Grasse mat' le samedi matin, nécessaire pour récupérer des efforts de la veille et du lever matinal. L'après midi, je vais faire quelques descentes en monoski au stade de Lans, juste afin de dérouiller les jambes. En fait, je passerai plus de temps assis au soleil qu'à skier, mais cela me va bien :o)

Dimanche, la bise doit s'arrêter, ce qui veut dire moins froid, et si nous choisissons bien la course, moquette ! Vu les contraintes horaires de Will, nous optons pour un versant E ou SE, afin de rentrer en début d'aprem'. L'envers de Belledonne semble approprié à ce genre de course, et de nombreuses possibilités existent au départ du Rivier d'Allemont.

Du coup, encore une fois nous sommes obligés de nous lever tôt, d'autant plus que je dors à Lans ce soir. J'arrive péniblement à négocier un RDV à 6h30 à Botanic, cool, je vais pouvoir traîner au lit jusqu'à 5h30.

7h25, nous chaussons les skis, et franchement, c'est plus sympa de partir de jour ! Quelques mètres à plat sur le chemin, et nous attaquons le champ sur notre droite, l'objectif étant de rattraper le chemin qui monte dans la forêt. Petits fourvoyage, nous perdons quelques minutes pour finalement retrouver la sente.

C'est parti pour 400 m de forêt, typique de l'envers de Belledonne. Vu les conditions rencontrées hier au dessus de Pré Raymond, j'ai quand même pris les crampons, mais laissé le piolet. Bien nous en a pris, puisque au bout de 100m nous sommes sur de la glace vive. Ni une ni deux, nous déposons le sac pour mettre les crampons... laborieusement ! Je n'ai pas pris le temps de les régler, car je sais que je n'ai pas besoin d'outils. Sauf qu'en voulant les régler, les 2 parties se déssolidarisent ! Argggg, quelle galère à remettre ! J'arrive enfin à enfiler la tige comme il faut, sans coincer l'antibotte, et m'apprête à les chausser, quand .... Quel con, je les ai remontés à l'envers : les pointes avant vers le bas (normal), et les pointes arrières vers le haut (moins normal).

 
ou comment perdre 15 minutes ...


Rebelote, regalère, et je peux enfin chausser. Will est déjà prêt, le temps de mettre les skis sur le dos et nous voilà repartis.

Enfin prêt, on peut rattaquer !


Pas fachés d'avoir cramponné, le chemin est bien en glace tout le long, on va s'amuser à la descente. Nous grimpons donc à un rythme correct, environ 500 m/heure. Je dois m'accrocher pour suivre Will, et pourtant je suis que l'on nous rattrape... Effectivement, je suis rapidement talonné par deux "anciens" que je laisse sagement passer. Certainement la soixantaine, pfff ça vous met un coup au moral !

A notre tour de rattraper un jeune couple qui n'a qu'une paire de crabes pour 2, Monsieur monte donc à skis. Chapeau, tu as du galérer. A 1700m, nous sortons de la forêt, en plein soleil. Il n'est que 8h30 mais il fait déjà bon. Nous discutons avec les 3 couples présents : les anciens montent vers le Sciallet (nous aussi), les autres vers Roche Fendue et le Ferrouillet. Le temps de se déshabiller, manger un bout de calendos, et rechausser, les sexa sont déjà loin devant.

Nous ne les reverrons pas avant le sommet, et pourtant nous ferons 550m durant l'heure suivante. C'est dire ! La montée se poursuit à un bon ryhtme, avec une belle vue sur les Grandes Rousses, l'Oisans et le Taillefer. Puis à 100m sous le sommet, moment simultané de fatigue. L'envie n'y est plus trop, nous faisons une ptite pause. Derrière nous la face N du Grand Pic de Belledonne, et de profil la face O, très verticale.
Quand même, il reste 100m, on va y aller ! Nous faisons donc les derniers mètres tranquillement, avec la vue qui se dégage d'un coup sur la Chartreuse, le vallon de Vénétier et les sommets alentours : Cime de la Jasse, Dent du Pra, col de l'Aigleton, Pic de la Belle étoile.

 
Y a pire comme panorama ...


Le temps de faire quelques photos, de se rhabiller à cause du vent frais, de taper la conversation avec le couple, de ranger les peaux ... La neige semble encore un peu dure. Nous préférons descendre d'un cinquantaine de mètres pour aller manger en face Sud, à l'abri du vent.

Une belle dalle surplombant la combe, avec belle vue sur les massifs avoisinants, abritée du vent, sans personne en vue, c'est comme ça que nous aimons la montagne !

 
Notre salle à manger du jour


45 minutes de pause repas en plein soleil, que c'est bon ! La neige semble maintenant revenue à point. Nous cherchons les pentes les plus raides au début : ce sont elles qui ont le plus vues le soleil, moquette Saint Maclou assurée.

 
Ski moquette pour Will, sous la brèche de Roche fendue


Que c'est facile par rapport à avant hier, quel bonheur de godiller sur cette neige de printemps. Les températures clémentes et la vue nous permettent de fréquentes pauses photo.

 
Belles contrepentes Sud


Les dernières pentes avant la forêt sont elles bien transformées, et très faciles à skier. Par contre, dans 2 ou 3 heures, cela risque de craindre un peu.


 
Moquette à poils longs, je me lâche !


Bon timing pour nous, pas d'inquiétudes à avoir, juste à profiter de ces belles pentes.

 
Will sur fond de Sept Laux


Les bonnes choses ont une fin, nous abordons maintenant la forêt et son boarder cross.

 
C'est parti pour 400 mètres de boarder cross


Si la première moitié passe encore pas trop mal, la suite est plus sport : chemin étroit et raide, cailloux affleurants, glace. Borné (comme d'habitude), je m'entête à passer à skis, quitte à descendre en escalier sur la terre et les rochers quand la neige n'est pas là. On est un skieur sanglier ou on l'est pas ! Puis quand le chemin ne passe vraiment plus, je décide de couper à travers la forêt. C'est sport mais ça passe. Will, moins buté, descend à pied. Derniers virages dans le champ, presque en ski nautique tellement cela fond. A ce rythme, il va bientôt falloir porter à la descente.

Midi et demi à la voiture, cool nous avons encore tout l'après midi devant nous. Après midi que nous débuterons en terrasse, à siroter une bière fraîche à l'estacade ! Ya bon le ski de printemps

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