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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 21:02

 


From: "Olivier FAVIER" <olivier_favier@hotmail.com>
Subject: Eté 2007 - Mont Aiguille
Date: Sat, 17 Mar 2007 17:49:23 +0100

 

 

Salut à tous,

 

Après une première ascension caillassée en mai 2005, une montée tardive et ventée en octobre 2005, une descente dans la neige et sous l'orage en mai 2006, un retour à la lueur des portables en octobre 2006, nous envisageons une nouvelle aventure au Mont Aiguille.

 

Quelques erreurs à éviter pour la prochaine fois :

 

- Pas partir trop tôt dans la saison

- Ne pas attaquer la voie très tôt (dur pour les lève tard) ou très tard (idéal pour finir de nuit)

 

- Sortir par des conditions orageuses

 

- Grimper le même jour que le CAF

 

- Faire des cordées de 6, dont 5 débutants

 

- Oublier le casque

 

- Manger une fondue savoyarde la veille

 

- ...

 

Afin d'innover un peu, et sans pour autant s'embarquer dans les galères précédentes qui font maintenant de beaux souvenirs, voici l'idée :

 

- Juillet 2007

 

- Départ de Grenoble le samedi en milieu de matinée, attaque de la voie vers 14h-16h,

 

- Bivouac au sommet

 

- Redescente le dimanche matin matin.

 

Bien sûr, cela nécessite une logistique plus lourde (duvet, éventuellement tapis de sol, fringues, réchaud, eau, bouffe, ...) et des conditions météos sûres (ne pas me faire confiance sur ce sujet ;) ). Mais en s'organisant un peu, cela peut être très très sympa.

 

Prévoyez donc de bloquer vos week-ends du 7-8 et 14-15 juillet 2007. Si vous êtes intéressés, faites moi signe !

 

Bon week end.

 

Fred & Oliv

 


 

Nous voila donc à ce fameux week end prévu de longue date. Beau temps annoncé, pas de risques d'orages, peu de vent prévu, les conditions sont idéales. Tout le monde ne pourra être présent, mais nous retrouvons cependant :

 

- Gaël et Didier, qui souhaitent retenter l'aventure après l'expérience d'octobre dernier. L'occasion pour eux de moins stresser et plus profiter

 

- Will et Aline : après avoir découvert l'usage d'une corde et d'un baudrier en 2005 sur cette même montagne, Will a bien pratiqué et se sent déjà prêt pour prendre la tête de cordée. Aline, elle, est en pleine forme après sa descente expresse de la Dent de Crolles en hélico. Une première pour elle nous prévoirons donc les sacs plastiques.

 

- Matt et Mumu, pour qui ce sera aussi une première. La présence d'un médecin nous rassure :)

 

- Luc, qui bosse avec Mumu,

 

- Fred et moi

 

Une petite pensée pour les absents avec qui nous avons déjà fait le sommet :

 

- Serge pour cause de blessure, et So pour cause d'heureux évènement à venir (et venu depuis, bienvenue au petit Antoine)

 

- Yannick et Marie, j'espère pas traumatisés par notre sortie épique sous la pluie

 

- Cédric - dit Chamois - et Benn avec un emploi du temps de ministre

 

- Cécile, en désistement de dernière minute

 

- Ben, préférant pendre la crémaillière... alors que pourtant nous partons dans l'après midi pour ne pas le réveiller tôt.

 

- Le frangin, peu motivé

 

- Et tous ceux qui n'ont pas pu venir

 

RDV à midi à Gières, pour un repas ensemble. Nous nous installons tant bien que mal dans l'appart exigu.

 

 

 

S'en suit le déballage du matos sur le parking, façon préparation d'expé : 9 baudriers, autant de casques et descendeurs, 4 cordes, quelques dizaines de dégaines, sangles, coinceurs, duvets, tapis de sol. Les voisins ont du halluciner. Vérification du matériel individuel et collectif. Ce serait dommage de s'apercevoir au pied de la paroi qu il nous manque une corde, au moment de dormir que nous avons oublié le sac de couchage, ou en haut des rappels que nous n'avons pas un descendeur par personne.

 

Le premier aperçu du Mont Aiguille, un peu avant Clelles, est toujours aussi impressionnant : la face Est doit être la plus haute, et surtout la plus finie. Puis, à Richardière, l'énorme face Sud s'impose.

Photo Mum

Etes vous sûr que c’est là haut que l'on grimpe, cela semble inaccessible. A chaque fois le même effet, alors que c'est ma 5° ascension : l'estomac qui se serre, le petit moment de doute. Nous empruntons ensuite la piste caillouteuse le plus haut possible.

 

Photo Gaël

Départ sous le soleil et nous arrivons une bonne heure plus tard au pied de la paroi. Encordement, révision des principes de base, et nous partons.

Photo Gaël

La paroi orientée Ouest est en plein soleil, quel bonheur !

 

 

Photo Mum

 

Les 3 cordées avancent de manière autonome :

 

-          Gaël et Didier me suivent

 

-          William est en tête de la seconde cordée, avec Aline et Fred (équipée de sacs plastiques)

 

-          Mat’, Mum’ et Luc ferment la marche.

 

 

Nous nous regroupons pour un casse croûte au milieu de l’ascension, mais il est déjà temps de repartir car le jour baisse. Le soleil est très agréable et la lumière idéale pour les photos.

 

 

Je presse un peu le pas. Une dernière vire, avec un passage en adhérence et à 4 pattes, pas facile pour tout le monde, surtout avec le sac à dos.

La dernière cheminée au soleil et nous sortons à plus de 20h30 au sommet. Je me décorde pour attendre les cordées suivantes, Gaël et Didier rejoignent le plateau. Will arrive peu après, corde « TRRRRRRRESSSSSSSS » tendue :

 

-          « Oliv, j’ai compris ce que corde tendue voulait dire aujourd’hui » .

 

-          « Genre, y’a un pas un peu plus dur devant, je me lance, et je suis bloqué parce que corde tendue ? »

 

-          « Oui, ou encore, je tiens à peine, avec 10 cm de mou je serai pépère, mais je suis corde tendue »

 

C’est vrai que parfois, vu la tension de la corde et son élasticité, valais mieux être solidement accroché aux prises !!

Photos Mum

 

La dernière cordée arrive au coucher du soleil, pendant ce temps les premiers se sont installés, entre 3 murets de pierre de 60 cm de haut. La tente pour les filles est montée, je l’ai bien sentie dans le dos lors de l’ascension.

 

Et là, probablement à cause de l’effort, du stress intense, de la soif, de la chaleur, de la peur, …, j’ai une hallucination :

 

 

 

 

 

 

Et non, je ne rêve pas : Sainte Croix du Mont 2004, Sainte Croix du Mont 1998, verres à pied et glacière Fauchon !! Puis vient le réchaud, la poêle, et … le fois gras frais dénervé la veille au soir par Maître Gaël !!

 

Le soleil se couche, le réchaud ronronne, le pain d’épice est coupé, la dégustation commence. Nous comparons les 2 millésimes, forts différents, mais qui sont tous deux en parfaite harmonie avec le foie gras poêlé sur pain d’épice. Mat’ sort ensuite le foie gras de la grand-mère, quel festin ! La suite sera plus raisonnable, mais quel souvenir.

Photo Mum

La nuit s’installe petit à petit, les étoiles s’illuminent les unes après les autres dans ce ciel clair et sans lune. 14 juillet oblige, les feux d’artifices explosent dans le Trièves : Mens, puis Clelles.

 

Malheureusement, à ce moment là, de façon subite et inattendue, s’est déroulé un événement en soi peu important, mais qui marquera à vie la réputation de celle que nous nommerons « Bi » : l’alcool aidant, et en l’absence du son des feux, « Bi », pleine d’enthousiasme, s’est lancée dans les bruitages des sons des fusées et des explosions. Au début, pas de problèmes particuliers :

 

-          Fizzzzzzzzzz BRRRRRRRRRR (oh la belle rouge)

 

-          Fizzzzz BRRRRRRRRRRRRR (une verte)

 

-          BRRRRRRRRRRR (oups, celle là a explosé avant même de décoller)

 

Puis vient le drame, le bouquet final. Mais, ne connaissant pas tout le public susceptible de lire ce blog, et pour ne pas choquer les esprits, nous tairons la suite. (Les présents, vous pouvez tout de même commenter !!

 

[…]

 

Il est tard, allons nous coucher. Aline et Bi sous tente, les 7 autres à la belle étoile

 

Version paradisiaque : Ciel étoilé, protégés par nos murets

 

Version réelle : à 7 sur 3m de terrain inégal, coincés entre les verres à pied et évitant de mettre le duvet sur les morceaux de foies gras tombés à terre, c’est déjà plus sport ! Et que dire de ce vent qui soufflera toute la nuit !

 

Le jour se lève, l'ambiance est magique.

Par contre, nous ne sommes pas tous très frais :

 

 

Petit déj (déjà le verre à pied pour Mum), nous tentons tant bien que mal de nous réveiller avant d’attaquer la descente où toute notre attention sera nécessaire. Donc, petite ballade sur le plateau en direction du sommet, et photos souvenirs.

 

 

Etant donné l’état de fraîcheur de tous, nous désescaladerons le premier passage assurés à une corde fixe. Le couloir de descente, pierreux et exposé, est abordé avec maintes précautions. Voila enfin le premier rappel, où nous passons sans encombre.

 

Courte remontée, et nous voilà à la plateforme du second rappel. Installation du premier brin de 100m, Mat se lance, et le voila en bas. Luc suit sans encombres. Nous installons donc le second brin, Gaël se porte volontaire pour descendre le premier. Au bout de quelques mètres, il s’aperçoit que la corde semble bloquée, mais décide de descendre pour voir plus bas.

 

 

 

 

 

Finalement le voilà bloqué au milieu du rappel, pas forcément très rassuré. Impossible de décoincer la corde. Que faire ? Nous ne le voyons pas et l’entendons mal. Il faut aller voir sur place et l’aider, à l’aide du second rappel. Seul Will et moi sommes suffisamment expérimentés pour y aller. Nous discutons rapidement des solutions envisageables. Si Will ne peut rien faire sur place, nous descendrons Gaël en moulinette sur le second brin.

 

Equipé de sangles et délesté de son sac, Will descend sur le second brin. 1 petite (mais très longue) heure plus tard, tous deux seront parvenus en bas. (Will, Gaël, j’attends vos impressions et explications).

 

Petit récit de la scène vécue en haut : je sais Gaël en sécurité grâce à son nœud autobloquant. Sa corde est en tension, il est donc pendu dessus, et semble plutôt bien réagir. Pas d’inquiétude à avoir pour lui, et je m’empresse de communiquer l’information à mes compagnons. Didier, lui, est assez anxieux.

 

 

Je teste régulièrement la tension sur les 2 cordes. Gaël est toujours pendu, tout va bien ; par contre, depuis plusieurs minutes, celle de William n’est plus tendue. Malgré toute la confiance que j’ai en lui – je sais qu’il ne prendra pas de risques –je suis préoccupé.

 

J’essaie tant bien que mal de ne pas le montrer. A mes cotés, l’inquiétude grandit sur le sort de Gaël, mais je les rassure, il ne craint absolument rien, lui ! Je me garde bien de dire que je suis plus soucieux quant aux acrobaties de Will.

 

Et là, Bi femelle, pleine de tact, entre en jeu (Bi, tu as le droit de réponse en commentaires)

 

-          T’es sûr que ça va Gaël, on l’entend plus ? (Didier vire du rose pâle au jaune pâle)

 

Grand moment de solitude, je tente un message par télépathie « STP tais toi, ne stress pas plus Didier et Aline ». Je ne suis pas sûr que cela ait marché …

 

Comment vais-je gérer la situation ? Heureusement peu de temps après, Gaël et Will sont sains et saufs en bas. Aline et Didier sont pressés de rejoindre leurs hommes respectifs !

 

Nous serons tous en bas du rappel 1h50 après que le premier soit descendu. Seul hic, Will ayant laissé son sac en haut, nous ne sommes plus que 2 pour redescendre 3 sacs. Mumu se charge du gros de Will, je prends les 2 autres. Pas de problèmes particuliers tant que les pieds touchent la paroi. Mais les 15 derniers mètres sont en fil d'araignée. Le poids des sacs à dos étant bien supérieur à celui de mes jambes, mes abdos "bétons" ne me permettent pas de rester droit. Je finirai donc le rappel les pieds au dessus de la tête, pendu dans mon baudard... J'ai déjà vécu plus agréable !

Nous serons à la voiture 1h plus tard, bien contents de cette épopée.

Cinquième ascension, probablement la plus belle, qui restera comme un des meilleurs souvenirs de montagne. Le bivouac permet d’éviter la foule et les chutes de pierre. A refaire dans quelques temps, pourquoi pas lors d’une pleine lune.

 

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Published by Dahu(t) - dans bious
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commentaires

Mumu 28/11/2007 20:06

Trop de la balle!!!Merci de ns avoir amener là-bas! Le récit me rappelle de sacrés souvenirs!!!A refaire ;)