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10 septembre 2007 1 10 /09 /septembre /2007 17:34

Ce qui suit n'est pas vraiment de la montagne, même si on a souvent comparé ces deux environnements. Il parait que les gens qui les pratiquent retrouvent les mêmes sensations, le même état d'esprit. Liberté, confrontation aux éléments, solitude, engagement, partage ...

Une première expérience en Mai 2006 m'avait mis l'eau à la bouche, c'est donc sans hésiter trop longtemps que j'accepte l'invitation de Gaël, pour 2 semaines de voilier en Croatie. 

Malgré tout, je me pose quelques questions : 15 jours sur un bateau, moi qui ne suis pas un grand fan de la mer, cela risque d'être long. Et puis, je ne connais pas toutes les personnes de l'équipage, comment faire si nous ne nous entendons pas ? D'autant plus que 3 personnes sur 6 n'ont jamais mis les pieds sur un voilier ...

Tant pis pour ces doutes, on tente le coup !  Nous ne le regretterons pas, le courant est immédiatement passé entre nous, et nous avons passé des vacances innoubliables.




Soirée à Venise


1150 kilométres de route jusqu'à Zadar, nous décidons de faire une étape à mi-chemin. Nous passerons donc une nuit à Venise.
Plutôt sceptique au départ (peur de monde, clichés en tête), je dois avouer que cela vaut le déplacement.

 

 

Piazza San Marco



 



Palais des Doges





Du haut du campanile





Lagune de Venise


Petit resto, et découverte de Venise by night, notamment ses petites ruelles peu courrues. Belle ambiance !







Nous repartons le lendemain, destination Zadar, pour prendre possession de notre voilier :
Le Sea Dancer est en fait un Jeanneau Sun Odyssey de 36 pieds (environ 12m), et 3 cabines.



Assez impressionnés par la taille du bateau au départ, nous lorgnerons vite sur les 44 pieds avec le pont en teck, peut être une prochaine fois


Petites galères et bon souvenirs

Premier jour, après quelques heures de navigation, crrrrrrrrrac nous déchirons la grand voile ... oups, retour au moteur au port d'attache. Obligé de grimper au mat de nuit pour aller décoincer la voile (ce n'est pas pr me déplaire). Un point commun de plus avec la montagne, les manoeuvres de cordes (euh, pardon de bouts).Par contre, les harnais des marins ne valent pas nos baudards, la prochaine fois je prendrai mon petzl !
La réparation aura lieu en une journée, ce qui nous laissera le temps de visiter Zadar.


Deux jours plus tard, nous partons sous un soleil de plomb, et mer d'huile. Une demi journée au moteur, pas très drôle, mais l'escale du soir à Rab valait bien tous ces efforts !!



Ballade le soir à Rab, et déjà le mal de terre se fait sentir. J'ai des difficultés à monter les escaliers, ça tangue !!
La ville est magnifique, tout en pierre, et se teinte d'orange au coucher du soleil.

 

 


Grâce à l'annexe, nous rentrons de nuit au voilier, ancré dans une baie à quelques encablures du port. Nous nous apercevrons plus tard que nous sommes en plein sur le trajet que font les navettes entre les 2 cotés de la baie, et servirons de rond point toute la soirée.



Après un repas bien arrosé, pas le premier et pas le dernier, je décide de dormir sur le pont pour profiter de la vue. Gaël me prévient : "Si jamais cela se lève cette nuit, tu me réveilles". A moitié endormi / moitié imbibé, je ne saisis pas immédiatement la raison de ce conseil.


Quelques minutes (ou heures plus tard), éclair et tonnerre me réveillent. Pas affolé, encore dans les vappes, je me décide à rentrer dans la cabine pour prolonger la nuit ... lorsque je percute Gaël qui remonte en courant sur le pont :

"On bouge !!"

Le temps d'enfiler ma Gore Tex par dessus le calbutte, et me voila sous des trombes d'eau, pieds nus, dans le but de préparer la manoeuvre pour nous ramener au port. Marielle est également sur le pont, et nous ne sommes pas trop de trois. J'ouvre la trappe de l'ancre, sort la télécommande et appuis pour que le moteur remonte l'ancre. Et le théorie s'applique : dès que t'as besoin d'un truc rapidement, il tombe en panne ... Du coup, nous voilà en train de remonter l'ancre à mains nues, en caleçon et veste, pieds nus sous l'orage.
Il nous faudra une bonne demi heure pour rentrer au port et s'amarrer ... pas mal pour 200 mètres. Entre temps, nous en avons pris plein les yeux et les oreilles !
Seconde théorie qui s'applique : à peine le bateau amarré, l'orage s'arrête et le ciel se découvre ... ARGGGG !


Le lendemain matin, grand soleil. Les responsables du port ne perdent pas de temps et viennent immédiatement nous raquetter le droit d'amarrage ... Nous essayons bien de négocier, mais rien n'y fait. Tant pis,  nous avons payé, nous profiterons donc des sanitaires du port pour une vraie douche chaude, et prendrons du coup le café sur le port !

Nous repartons pour une belle journée de nav, avec une mer beaucoup moins plate que la veille :



Nous finissons la journée sous spinnaker, pour une escale de 2 jours dans un petit port, les orages annoncés ne nous incitant guère à reprendre la mer le lendemain.

Nous repartons donc le surlendemain, et réussirons à passer entre les gouttes. Prévoyants, nous avions mis les habits de gros temps :



Une éclaircie nous accueille le soir et nous jetons l'ancre dans une baie isolée où seuls quelques rares bateaux mouillent



Comme souvent, nous débarquons pour une petite ballade à terre, grâce à l'annexe ou à la nage. Grâce au ciel orageux, les lumières du couchant sont splendides.

 



De beaux moments de contemplation


 

La vie à bord s'organise, chacun vaque à ses occupations.

 


Le midi, nous jetons généralement l'ancre pour manger, se baigner, et faire la vaisselle dans une eau turquoise

 


 



La croisière se poursuit, nous nous approvisionnons de temps à autres dans les ports aux eaux turquoises : le premier réflexe étant de se jeter à l'eau une fois amarrés, puis d'aller boire un kawa au bar !

 

 


 

 

 



Nous profitons aussi des escales pour admirer les derniers modèles de Zastava

 



Nos soirées sont toujours copieusement arrosées, et les estomacs bien remplis.

 

Nous découvrons au passage un nouvel usage aux feux de détresse.

La seconde partie de notre croisère approche, nous sommes à l'aise sur le bateau.

 

 

 

 

 

 

Nous nous payons même le luxe d'entrer sous spi dans la réserve des Kornati

 


Les Kornati sont un sucession de petites iles, précédemment boisées. Mais les Vénitiens ayant utilisé tout le bois pour leurs constructions, elles sont désormais toutes pelées et inhabitées.

 


Les îles sont entrecoupées de murets de pierres délimitant les propriétés, étrange étant donné le peu de possibilités qu'offrent ces îles. Nous nous avançons dans un long bras de mer en destination de notre prochain mouillage. Horreur, l'endroit où nous voulions nous arrêter est remplis de bateaux, ou de gros yachts. Quelques centaines de mètres plus loin, nous trouverons une crique où nous serons totalements seuls.

 

 

 

Nous en profitons donc pour tous nous doucher sur le pont, au soleil couchant. Attention, les impôts débarquent ! Vite, 2 ou 3 d'entre nous se réfugient dans le carré ; en effet nous devons payer en fonction du nombre d'équipiers. Ce soir, nous ne serons que 3 ou 4   :o)

 

Au menu ce soir, après l'apéro, linguine aux fruits de mer. Hummm, un délice, même si pour une fois il en reste !!

Le lendemain matin, départ matinal pour mouiller à nouveau à quelques miles. Nous débarquons sur une île, déserte à cette heure-ci, qui abrite un lac salé. Et clou de la ballade, nous ne retrouvons seuls de l'autre coté de l'île, pour admirer un magnifique ********* de ****** ! J'en dis pas plus, cela vous gacherait la surprise.

 

Les premiers touristes débarquent sur l'ile, il est temps pour nous de rejoindre notre voilier ... Nous sommes levés depuis 3 heures, et il fait grand faim ... Même s'il n'est que 10 heures, ce n'est jamais trop tot pour un reste de linguines aux fruits de mer ... Réchauffé, c est encore meilleur       :o)

 

Puis tout à coup, un hors bord fonce sur nous, pour s'arrêter dans un virage tout contre la coque, façon film d'action.

Les gardes du parc : "Big storm is coming, do not move "

 

Effectivement le temps semble se lever, et l'écume se forme, alors que nous sommes dans un bras de mer entièrement protégé.

 

 

Nous doublons les ancrages, en espérant ne pas dériver, nous ou l'un des nombreux bateaux autour de nous.

 

 

 

 

Chacun anticipe ce mauvais moment avec plus ou moins d'appréhension :

 

 

Finalement, nous serons relativement épargnés, et pouvons repartir vers notre prochaine étape.

 

La navigation se corse entre les îles, et le vent forcit. Heureusement, nous sommes près des côtes et la mer ne peut se former. Tout le monde sort les pulls et les gore tex, et nous réduisons la voile au minimum, à peine 1/3 de la voilure normal. Et pourtant, c'est ici que nous ferons nos plus belles pointes de vitesse ! 

 

 

A deux ou trois reprise, le bateau devient incontrollable, et part au loffe ... Grosses émotions lorsque nous ne sommes pas très loin des côtes. La prudence est de mise, et nous repérons sur la carte marine l'anse de Lavsa, qui semble parfaitement protégée. Quelques milles plus tard, nous ne sommes pas fachés d'arrivée en vue de la passe. L'entrée s'avère délicate avec tout ce vent, mais ce n'est pas mieux une fois dans la baie : de nombreux bateaux ont eu la même idée, et il reste plus qu'une bouée de libre ... Il va falloir la jouer fine pour aller s'amarrer sans percuter les autres, d'autant plus que nous n'avons que 2m de fond, pour 1m90 de tirant d'eau.

 

Ouf nous sommes enfins amarrés très court au corps mort, en doublant les bouts. Nous discutons rapidement avec nos voisins qui nous apprennent qu'ils sont bloqués ici depuis 2 jours et n'osent pas sortir de Lavsa compte tenu des conditions. Effectivement, cette journée a été sport ! Nous allons vite nous mettre au chaud à l'intérieur, car dehors c est pluie et 10°maxi ...

 

Un carré de 36 pds à 6, c est convivial !! Ce soir, dodo tôt, pour un repos bien mérité. Le lendemain matin, temps frais et venté, mais moins menaçant. J'ai dormi comme un bébé, ce qui n'est pas le cas des 5 autres, et notamment ceux de la cabine avant : j'apprends peu après que le voilier a tourné toute la nuit autour de la bouée. Bref conciliabule, mais nous n'avons plus trop le choix : nous devons absolument repartir aujourd'hui pour rendre le bateau à temps. La journée s'annonce mouvementée, tout le monde met le harnais.

 

Finalement, à peine sortis de la baie, le temps redevient plus calme. Au lieu d'une baie abritée, les vents s'engouffraient en créant un effet venturi !! Une pensée pour nos voisins qui n'osaient pas sortir depuis 2 jours, s'ils savaient !!

 

Retour le long des Kornatis, toujours aussi belles !

 

 

Je m'offre une belle remontée le long de Dugi Otok, face aux vagues. Le bateau monte la première vague, et va taper sur la suivante. Les embruns nous arrosent parfois. Bizaremment Didier, à la cabine avant, réussit à faire une sieste !!

 

Le lendemain nous rendrons le bateau.

 

Premier et dernier repas à terre, nous dégustons la spécialité locale : cochon sauvage grillé, frites et bières.

 

 

Une bien belle croisière, ça y est, je crois que j'ai choppé un nouveau virus.

 

Et finalement, je confirme, mer ou montagne, ce sont les mêmes aventures, les mêmes sentiments de liberté et d'évasion.

 

On repart quand Skippé ?

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Published by Dahu(t)
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